d'acheter des bonbons chez la boulangère. Tel est le titre du troisième chapitre d'un roman de Philippe Delerm intitulé "C'est bien" paru chez Milan ( collection poche junior ).

extrait : On est dans la queue, et on se sent tout petit entre les clients qui demandent :

- Une baguette moulée bien cuite !

- Un pain de campagne et une ficelle !

Dans sa tête, on prépare déjà des phrases, pour ne pas être ridicule quand la vendeuse demandera :

- Et pour toi ?

De loin, on aperçoit les bocaux magiques,les rouleaux de réglisse avec une pastille en sucre glacé perlé blanc ou rose au milieu, les roudoudous à la petite coquille qu'on imagine déjà, un peu rêche sur les lèvres, les fraises de guimauve aplaties et les chewing-gum gagnants. Doucement on avance, et puis voilà, " C'est à toi" dit la boulangère sans sourire. On sait que ça l'énerve un peu de vendre des bonbons.Mais quand même, c'est juste ces secondes-là qui sont bien, quand on n'a pas encore dit :

-Un comme ça, et un autre comme ça, et un comme ça à vingt centimes.
On se décide toujours trop vite, mais on sent bien que derrière, ils trouvent déjà que c'est très long. Alors on demande presque n'importe quoi, une boule de coco, un carambar, et quand même au dernier moment , on retrouve ses esprits pour demander cette petite merveille à vingt centimes : une langue de sucre jaune-orange parfumée au fruit de la Passion, saupoudrée de neige acide...

Pour faire vous-mêmes des roudoudous, allez voir ici !